Loiret ( 45)
Chateaurenard
Histoire de châteaurenard
L'existence d'ateliers de taille de silex atteste de l'occupation de la vallée de l'Ouanne dès la préhistoire.
La première désignation connue pour le bourg est celui de « Mont d'Ouanne », en regard de sa haute colline avec un dénivelé pentu d'environ 80 m surplombant de peu la rivière. Il y avait depuis environ la moitié du VIe siècle un « château » de la Motte, ancêtre du château éponyme existant de nos jours, édifié dans la vallée entre deux bras de rivière et à quelques centaines de mètres de l'actuel château de la Motte.
 Sur le Mont d'Ouanne les bénédictins avaient bâti un prieuré dédié à saint Amand, il deviendra plus tard une dépendance du prieuré de La Charité et fera partie du diocèse de Sens.
Hugues le Grand s'étant emparé de la Haute Bourgogne, il institue Fromond comme vicomte de Sens en 937. Ayant offensé l'archevêque de Sens Gerlanus ou Gerlair (938 - 954), Fromond Ier se retrouve exilé par le roi (Louis IV) à la « ville d'Ouanne ». Il a peut-être alors rebâti la Motte, mais encore en bois
L'église Saint-Étienne dont le portail et le clocher sont classés Monuments historiques101. L'édifice contient aussi plusieurs éléments classés, un calice signé Claude Rosnel datant de la fin du XVIIe siècle et une plaque commémorative datant du XVIe siècle102 ; le tableau de Laurent de La Hire, une Présentation au temple datant du XVIIe siècle, jadis dans l'église, a été déposé à la cathédrale d'Orléans après remise en état financée par la DRAC, suite au refus obstiné du maire de Château-Renard de payer pour sa restauration103. En 2016 Jacques Billard, vice-président de l'association « Rencontre avec le Patrimoine religieux » et membre de la société d'émulation et des amis du vieux Montargis, a découvert dans l'église des peintures murales « du sol au plafond »
C'est dans ce nouveau chateau de la motte que son fils grandit : Renard Ier, que Hugues le Grand fait comte de Sens à la mort de Fromond Ier19 et qui gagne le sobriquet de « Petit Vieux ».
De caractère ambitieux, le « Petit Vieux » se donne comme tâche de piller les biens des abbayes locales, y compris celle de Ferrières. Il guigne particulièrement le Mont d'Ouanne et ses pentes stratégiques, qu'il obtient ainsi par pillage. En 961, ayant lui aussi eu trop de démêlés avec l'archevêque de Sens, il se fait comme son père exiler à la ville d'Ouanne par le roi Lothaire. Il y fait construire le château-haut sur la butte autour de l'église des moines. C'est à cette date que le bourg prend le nom de Château-Renard. Pour augmenter sa popularité et faire oublier saint Amand qui rappelle trop l'autorité de Ferrières, il offre au bourg les reliques de saint Pavas20, pillées au cours de la prise de Bray-sur-Seine qui les avait pillées du Mans lors des invasions normandes. Renard Ier décède en 996 (il est inhumé près de Sens, dans l'église du village de Sainte-Colombe)17. Noter qu'il a aussi fondé Joigny
Ses descendants (Fromond II et Renard II) continuent dans la même ligne d'indiscipline, pillage et rébellion inculquée de famille - tant et si bien que Robert le Pieux destitue Renard II du comté de Sens en 1015.
Il est cependant toujours comte de Joigny, et s'adonne toujours aux mêmes activités de pillage, -détroussage et autre banditisme de tradition familiale. Lassé de cet anarchisme et des plaintes, subséquentes, Louis VI le Gros fait détruire leur château-haut en 1110 - y compris l'église. De plus il ordonne aux Courtenay, cousins des Renard mais plus disciplinés envers la monarchie, d'ériger le château de la Motte pour surveiller leur parenté. Enfin il leur fait aussi construire le château de la Volve, en face du château-haut, avec ordre d'y installer leur bailli - toujours dans l'optique de surveillance des quasi-renégats Renard. Sous cette surveillance poussée, les Renard tentent malgré tout de reconstruire leur château-haut en 1131 ; nouvelle intervention du roi, qui aboutit au résultat souhaité : les Renard se soumettent. Ils se renomment alors comtes de Joigny et cessent leurs pillages. Le bourg profite de cette accalmie de un siècle pour reconstruire l'église sur la colline et la dédier à saint Étienne17. Vers cette époque ou peu après, il existe sur la paroisse de Châteaurenard un prieuré Saint-Savinien-de-Dullot, dont le prieur est nommé par le prieuré de Flotin.
Vers 1195, Gaucher de Joigny, seigneur de Venisy (Yonne) du chef de son épouse Alix de Venisy (Trainel), cadet de la famille comtale, est seigneur de Château-Renard. Il est le premier porteur attesté du titre seigneurial. Il décède après 1211. On rappellera que les liens familiaux allégués sont issus de l'historiographie du XIXe siècle23 et que le comté de Joigny n'émerge qu'entre 1055 (ou 1040) et 1080. De ce fait, les partages de 998, 999, 1008 et les conventions politiques de 1015, 1032 et 1034 ne sont pas à l'origine de droits héréditaires faisant émerger le comté de Joigny.
Le château-haut est reconstruit en 1232 par Gaucher II de Joigny, descendant de la famille Renard et gendre de Simon de Montfort, 16 tours, donjon monumental, fossé de 6 m autour quand ce n'est la pente naturelle qui atteint 30 m de dénivelé dans le coin sud-ouest ... et gibet immédiatement à l'extérieur de l'entrée principale dont le portail, toujours debout de nos jours, est appelé la porte Rouge : on y pendait les trophées de chasse et de guerre et les corps des suppliciés. Abritant alors 500 personnes dont 160 hommes de garnison, le château-haut est une ville en lui-même. Il inclut 75 maisons, 11 puits, un pressoir, un moulin à vent et des étables. La colline, faite de calcaire, est truffée de souterrains (sept connus), dont certains débouchent dans des puits et qui servent occasionnellement de cachette (ainsi pour l'abbé de Triguères
pendant la Terreur).
Gaucher II meurt en 1241 lors d'une croisade en Terre Sainte
Vers 1280, le château-haut passe à la famille des Artois. Mahaut d'Artois (1268 - † 1329, petite-nièce de Saint-Louis) y reçoit Philippe le Bel qui trouve le château fort à son goût. Au tournant du XIVe siècle, Mahaut a le château-haut et son cousin Henri IV de Sully (prince de Boisbelle) a le château de la Motte.

Ainsi quand Mahaut cède son fief à son cousin Henri IV de Sully prince de Boisbelle en 1312, elle aurait fait de lui le maître du bourg si Philippe le Bel ne lui avait imposé un échange avec le château de Dun-le-Roi. Philippe installe une garnison dans le château-haut en 1317.
Philippe Le Long concrétise le projet de son père Philippe le Bel de monter en puissance dans la possession du comté d'Angoulême. Une première opération consiste à rassembler des éléments fonciers de la vallée de la Vanne et de la forêt d'Othe pour les céder en échange à des membres de la famille de Sancerre détenteurs de portions du comté d'Angoulême. Une seconde opération lui est consécutive : il cède en échange au comte de Joigny la suzeraineté de la jeune châtellenie de Mâlay-le-Roi (aujourd'hui Malay-le-Petit, Yonne) pour en obtenir sa part de suzeraineté sur Château-Renard
Suit la Renaissance, qui voit 4 000 habitants à Château-Renard au début du XVIe siècle. Mais c'est l'époque qui voit aussi la fin des châteaux forts, et le château-haut est réduit au Chastellet, soit uniquement sa partie haute. Il est acheté par Gaspard Ier de Coligny en 1522 - dont la famille est une tête de proue du protestantisme - ; il achète ensuite le château de la Motte en 1531. S'ensuivent les guerres de religion où tout d'abord les protestants massacrent les moines du prieuré, puis les catholiques incendient l'église Saint-Étienne et une tour du château-haut.
Louise de Coligny récupère son héritage au début du XVIIe siècle. Elle fait reconstruire le château de la Motte sur les fondations octogonales de l'ancien château de Milon de Courtenay, et installe une garnison protestante au Chastellet. En 1622, c'est la fin du Château-haut : Louis XIII prend le Chastellet par ruse et le fait détruire.
Entre le 29 janvier et le 8 février 1939, plus de 2 800 réfugiés espagnols fuyant l'effondrement de la république espagnole devant les troupes de Franco, arrivent dans le Loiret. Devant l'insuffisance des structures d'accueil d’Orléans, Une partie des réfugiés rentrent en Espagne, incités par le gouvernement français qui facilite les conditions du retour, ceux préférant rester sont regroupés au camp de la verrerie des Aydes, à Fleury-les-Aubrais26.
Arrive la guerre de Cent Ans, au cours de laquelle Château-Renard reste relativement épargné. Jeanne d'Arc (1412-1431), figure emblématique de l'histoire de France et sainte de l'Église catholique est passée trois fois dans la commune et y a passé deux nuitées

La maison dite « de Jeanne d'Arc » datant du XVIe siècle, dans laquelle l'héroïne a demeuré accueille aujourd'hui l'office du tourisme
La maison dite « des notaires » (53 place de la République) datant du XVIe siècle et inscrite aux Monuments historiques depuis le 28 septembre 2004106 ; (Rien retrouvé photos de la place de la République mais aucune ne mentionnent de N° pour repérage ou d’indication)
La maison dite « de l’Île du Canada » datant du XVIIe siècle et inscrite aux Monuments historiques depuis le 5 octobre 2004107 ;
Les ruines de l'ancien château fort, appelées le donjon (remparts et restes de tours) classés Monuments historiques depuis le 14 octobre 1911
Auteur d’une partie des photos représentées dans ce texte
Par Klaeiis — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19116916

https://consultation.archives-loiret.fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YTo0OntzOjEwOiJ0eXBlX2ZvbmRzIjtzOjExOiJmYWNldHRlc19lcyI7czo0OiJyZWYxIjtpOjU7czo0OiJyZ
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Acte envoyé, transcrit et par Michelle Morisson qui a aussi fourni les explications sur ce baptême
En italique sont les mots dont je ne suis pas sûre et des commentaires –
J’ai laissé les mots écrits tels quels et ajouté quelques majuscules aux patronymes
En marge – acte 240 - Baptême de Jean Louis Anselme, enfant adulte.

L’an mil sept cent quatre vingt un, le douze octobre a été baptisé par nous François Symphorien GIGOT de Boisbernier, prêtre licentié en droit civil et canon, Vicaire général de son éminence Monseigneur le Cardinal de Luynes, archevêque de Sens, Chanoine de l’églisse métropolitaine et primatiale dudit Sens et archidiacre du Gâtinais, un enfant adulte, dit Jasmin, né idolâtre, indien malabar marate de nation de la caste des ragispoutas, âgé d’environ dix ans, domestique chez M. Anquetil de Briancourt, écuyer, seigneur du Charmoy, consul de France à Surate ;
Il a été nommé Jean Louis Anselme par Maître Jean Fougeret, écuyer, receveur général des finances, seigneur de château-renard et autres lieux, représenté par Maître François Pierre MASSON, avocat en parlement, procureur fiscal au baillage de Chateaurenard, et par Maître Anselme François D’Outremont, chevalier, conseiller du roi en sa cour du parlement, seigneur de Minieres, Gondreville et autres lieux, tous deux parains et par Demoiselle Marie Louise ANGUETIL de briancourt, maraine, en présence de dame Anne Françoise d’Outremont, épouse de Maître Fougeret , de Monsieur Anquetil de Briancourt, de Monsieur BOICERVOISE, de Monsieur Anquetil, prieur curé de cette paroisse, de Messieurs Taillandier, curé de Triguerre, Beauvisage, curé de Saint germain, Verdier, curé de St firmin, Fontenoy, curé de Giy, Huchard, curé de Melleroy, Hureau, vicaire de Melleroy, Jardin et Duchesne, vicaires de cette paroisse, lesquels ont signé.
Suit une page de signatures.

Pour m’aider à comprendre certains mots d’origine indienne j’ai cherché des informations sur ANQUETIL de BRIANCOURT et j’ai trouvé un article concernant cette famille sur un site « Genealogie et histoire de la Caraïbe ».
http://www.ghcaraibe.org/articles/2015-art24.pdf 

Surate est une ville de l’etat du Gujarat – Ouest de l’Inde (2e ville la plus peuplée du Gujarat – selon wikipedia). Fut un des premiers comptoirs ouvert en Inde
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