Loiret ( 45)
Ferrieres en gatinais
      Plusieurs siècles avant JC, des hommes se sont rassemblés dans la vallée de la Cléry pour y exploiter le minerai de fer qui affleurait le lit de la rivière. Richesse qui donnera son nom, bien plus tard, à Ferrières.
      L’histoire connue de notre ville commence réellement au 3e siècle quand trois moines missionnaires venus de Sens pour évangéliser ces populations païennes eurent, en arrivant à Ferrières, une vision de la nativité et s’écrièrent “C’est ici un nouveau Bethléem!” la tradition populaire a retenu leurs noms : St- Altin, St-Potentien et St-Savinien.  
     Cependant, en 1793, des révolutionnaires exaltés se rendirent à l'abbaye qu'ils saccagèrent, pillant les reliques, brisant les cloches et lacérant les manuscrits. L'église Saint-Pierre fut transformée en "temple de la raison" La chapelle de Bethléem servit de salle de danse, quant à l'église paroissiale Saint Eloy, elle fut convertie en fabrique de salpêtre. La chapelle Saint-Fiacre devint un magasin à fourrage.    
     Une chapelle dédiée à Notre-Dame fut édifiée, les conversions furent nombreuses et les pèlerins affluèrent rapidement. La chute de l’empire romain et les grandes invasions furent pour Ferrières, comme ailleurs, une période de troubles marqués par de nombreuses exactions ; nos ancêtres ferriérois connurent aussi leur Oradour lorsque les Huns d’Attila battant en retraite devant les armées du gallo-romain Aetius rasèrent la ville après avoir massacré 400 hommes, femmes et enfants rassemblés dans l’église.
La fin de ce terrible Ve siècle verra la renaissance de la ville sous l’impulsion de lovis qui aurait fait construire la première basilique St-Pierre St-Paul. La légende voudrait qu’il y ait épousé la reine Clotilde…Ce qui est sûr c’est qu’il y est venu en pèlerinage avec son épouse (un vitrail de l’église les représente).
       Mais l’histoire tragique et agitée de Ferrières reprend son cours au siècle suivant, quand la ville fait les frais de la guerre entre les redoutables Frédégonde et Brunehaut ; Théodoric, petit fils de Brunehaut met à sac l’abbaye qui appartenait à Clotaire II, fils de Frédégonde. Il ne faisait pas bon être un enjeu dans ces querelles de familles aux moeurs expéditives…
      VIIe siècle, en 620, le Comte Vandelbert, gouverneur du gâtinais, fait reconstruire le monastère et en fait don au pape ce qui le protègera jusqu’à la Guerre de Cent Ans. Également déclarée abbaye royale, l’abbaye de Ferrières va connaître du IXe au XVee siècle, 600 ans de rayonnement spirituel et culturel dans toute l’Europe. 
  Pépin le Bref, père de Charlemagne, y aurait affronté dans l’arène un lion et un taureau, scène immortalisée par un chapiteau de l’abbaye.
   Deux rois de France y furent couronnés (Louis III et Carloman, fils de Louis II). Le pape Alexandre III vient consacrer la nouvelle église St-Pierre St-Paul. Pépin le Bref était un coriace. A l'occasion d'une fête qu'il donnait à Ferrières, un lion et un taureau combattaient dans les arènes. "Qui de vous oserait les séparer ? demanda-t-il aux courtisans assemblés."
     Comme les volontaires ne se bousculaient pas, il descendit lui-même dans l'arène, poignarda le taureau et trancha la tête du lion d'un coup de sabre. Il s'adressa ensuite au peuple en lui disant: "Ne vous semble-t-il pas que je suis digne de vous commander ?". Personne n'eut l'idée de le contrarier…
 
 
      Les XVe et XVIe siècles verront Ferrières de nouveau livré à la folie des hommes : pendant la Guerre de Cent Ans, le monastère sera incendié par les Anglais, puis connaîtra les troubles et les exactions des guerres de religion jusqu’au début du XVIIe siècle où fut rétabli le pèlerinage de Notre-Dame.
     Le monastère sera emporté par la Révolution, les bâtiments détruits ou vendus, les deux églises qui subsistent aujourd’hui sont classées monuments historiques.
     Aldric était un bâtisseur : c'est sous son abbatiat que fut bâtie une retenue d'eau sur la Clairis qui ferma le "grand étang de Ferrières" duquel les moines
   
 retiraient le poisson qui constituait l'essentiel de leur nourriture. Il est appelé le Gril de Corbelin
      Louis de Blanchefort fut abbé de Ferrières de 1465 à 1505. Son tombeau est situé derrière l'autel de l'église Saint-Pierre. Ce monument de style Renaissance est l'oeuvre du sculpteur Jean Juste, de Tours. Après bien des changements de place, la municipalité le fit transporter au milieu du choeur, où il se trouve encore aujourd'hui.. 
      Le monument endommagé par les guerres, le fut surtout par une pratique absurde. En effet, les pèlerins venaient à la Pentecôte prier sur ce mausolée qu'ils appelaient "le tombeau de Sainte-Apolline". Et comme chacun ne le sait pas, celle-ci est invoquée pour guérir les maux de dents.
     Les fidèles emportaient donc des fragments de l'édifice qu'ils broyaient pour guérir leurs douleurs dentaires. Ainsi s'effrita le tombeau, servant de poudre dentifrice.
      Une chapelle, à un jet de pierre de l'abbaye. Ancienne paroisse des employés de l'abbaye,
Longée par l'ancien chemin de Sens par lequel, selon la tradition, l'Évangile arriva à Ferrières, elle était initialement dédiée à saint Mathieu, l'évangéliste, dont le nom local est saint Macé. Plus tard, on y apporta des reliques de sainte Apolline, martyre égyptienne invoquée contre le mal de dents. Et c'est sous ce vocable qu'elle demeura jusqu'à la Révolution.
      Une croix rappelle Ste Appoline Proche de ce qui fut la chapelle du même nom, paroisse des employés du monastère, elle se situait jadis sur la place du marché et s'appelait alors croix de Bethléem. Elle date du XVIe siècle.
 
 
      En 249, le peuple d'Alexandrie se révolte contre les chrétiens. Il pille leurs maisons et s'empare de plusieurs d'entre eux, dont une jeune vierge, Apolline. Les bourreaux commencent par lui arracher toutes les dents, puis l'amènent devant un bûcher et lui demandent d'abjurer sa foi si elle veut la vie sauve. Selon la tradition, Apolline se serait alors élancée d'elle-même dans le feu.
      Le culte de sainte Apolline s'est répandu largement en Europe. Elle a été longtemps invoquée contre les maux de dents. Traditionnellement elle est représentée avec une palme dans une main et avec des tenailles serrant une dent dans l'autre.
    
A l'emplacement du cimetière de l'église Saint-Amand (aujourd'hui disparue) s'élève, au milieu du cimetière communal actuel sur des gradins de pierre, la croix dite de l'hosannaire. Ce monument est en fait une croix hosannière ayant un pupitre séparé de la croix proprement dite.
L'ensemble est daté du XIIe siècle et a été inscit aux monuments historiques le 12-06-1926. Placée dans le cimetière à proximité de l'endroit où devait se situer l'église Saint-Amand. Elle est du XIIe siècle. A côté de la croix, un pupitre en pierre.
 
  
       En 1568, les Huguenots envahirent la ville après une lutte acharnée qui dura neuf heures. Douze cents hommes d'infanterie dévastèrent la ville pendant trois jour et pillèrent toutes les richesses de l'abbaye.
     En partant, Boulay emporta la bibliothèque qui contenait des manuscrits de valeur de l'époque de Loup Servat. Cinq religieux échappèrent à la tuerie, cachés dans un puits. Un jeune garçon les ravitaillait à la dérobée en laissant tomber des grains de raisins dans le puits.
     En 1581, c'est la peste qui décima la population. A l'extérieur de la ville, on avait dressé des tentes dans les champs afin d'y loger les malades contagieux. L'épidémie fut si violente que trois cents habitants périrent.
     Le prieur Dom Etienne fît bâtir, en 1619 les deux chapelles latérales de l'église de Bethléem, encouragea les pèlerinages à la chapelle et redonna vigueur à la confrérie de Notre Dame        
  
     Sur la place Saint-Fiacre a été édifiée en 1902 une halle aux veaux, détruite en1913.
     A l'angle de la place, au carrefour des rues de la Triperie et des Vieilles Halles, se trouve l'ancienne église Saint-Fiacre, construction du XVIIe siècle dont la façade et la toiture sont remarquables.
     A l'aube, du premier millénaire, Ferrières n'était qu'un hameau au bord de la Cléry, bâti autour d'une grotte voisine d'une source ferrugineuse. A quelques centaines de mètres se trouvait un alignement de roches, monument mégalithique prouvant l'ancienneté cultuelle du lieu. Ces pierres levées se dressaient encore en 1960, le long du
 
 chemin . Elles étaient au nombre de 14, dont certaines mesuraient plus de deux mètres de hauteur. Le monument fut détruit il y a une quarantaine d'années pour élargir la route. C'était le seul alignement mégalithique connu du sud de l'Ile de France !
     La tannerie a été une industrie vivante et florissante dans toute la région de Montargis, réputée pour la qualité de ses cuirs depuis le Moyen Age jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. Les tanneries de Ferrières étaient parmi les plus célèbres. L'abondance et la qualité des eaux favorisaient cette industrie. Le tannage végétal pratiqué dans les tanneries de la région était une opération dure, dans l'humidité et les mauvaises odeurs, et lente : 515 jours environ pour une peau de bœuf de 55 kg.
 
     Les peaux étaient d'abord soumises au "travail de rivière" : trempées (reverdissage) pour être nettoyées et débarrassées des cornes, sabots, onglons et crânes, sang et impuretés diverses ; épilées et préparées pour l'absorption du tanin (pelanage, dans des cuves contenant un bain de chaux éteinte, le pelain) ; raclées (ébourrage) avant d'être mises à dégorger dans l'eau d'un bassin ; grattées, "écharnées", à nouveau lavées, elles sont alors prêtes à recevoir le tanin. 
     Selon Dom Morin la ville de Ferrières a été appelée de ce nom a cause que plusieurs forgerons s'estendirent es environs de nostre Dame de Bethléem et la fourmilliere des mines de fer, lesquelles duroient encore du regne du roy Charles huictiesme Son nom semble se tirer des mines de fer dont elle est environnée de toutes parts. Cette ville est bâtie à mi-côte sur une colline, elle est une des plus anciennes villes du Gâtinois, et une des plus riches en mines de fer. On rencontre à chaque pas des pyrites martiales, des marcassites, on y voit aussi des vestiges d'anciennes forges, il y a même un quartier de la ville où elles étoient qui en a retenu le nom et qu'on appelle Les Forges. La tradition veut que les forgerons aient été à l'origine de la ville de Ferrières : ils auraient
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 fait bâtir quelques maisons avec celles qui y étaient faites pour la réception des pèlerins qui accouraient de toutes parts pour visiter l'église de Bethléem sous Clotaire II.
Sur cette ancienne chapelle attenant à la Maladrerie de Saint-Lazare, située à l'entrée de la ville, au bout de la côte du même nom, il convient de citer le don qui en fut fait à l'Hôtel Dieu de Ferrières par le Roi Louis XIV, en octobre 1696.
En certaines occasions, le Curé de la paroisse officiait à la chapelle Saint-Lazare. C'est ainsi qu'il était dit un service complet le jour de Saint-Hubert. En outre, le vendredi de chaque semaine il se disait une messe basse pour les bienfaiteurs de la dite Maladrerie.
Les fabriciens nommés en exécution de notre ordonnance du 12 thermidor dernier,
 
 sanctionnée par le gouvernement le dis huit du même mois, fixeront dans chaque église le droit à percevoir par la fabrique :
Article 1 - Il sera payé pour chaque cierge fourni par l'église dix sols.
Article 2 - Il sera payé pour l'argenterie 2 livres.
Article 3 - Il sera payé pour le drap mortuaire et parement d'autel 3 livres.
Article 4 - Il sera payé pour les bâtons à porter le corps 1 livre.
Article 5 -Il sera payé au bedeau pour enterrement de 1 ère classe 1 livre 11 sols.
Article 6 - Il sera payé au sonneur et au fossoyeur
a) pour un grand enterrement 6 livres
b) pour un petit enterrement 2 livres
Voilà ce que j'ai pu résumé sur cette paroisse, mais du certainement oublié quelques descritions
mainteant l'acte qui a justifié l'histoire de cette dernière
Ferrieres en gâtinais, baptêmes, mariages et sépumltures : registres paroissiaux 1750-1755 NUM 145/14
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Un pauvre mendiant âgé d’environ soixante et dix ans
Qui s’est dit d’ailleurs près Chatillon sur Souain qui s’est
Retiré icy a une auberge chez le Sr Philippes mercredi
Dernier où il avoit décédé hier au soir subitement
Auquel (son) a trouvé un chapelet et même dans
Les expressions de sa bouche il a fait connaitre qu’il
Etait un catholique ce pour qoui nous luy avons
Donné sépulture esclesiastique ce jourd’huy
Quinze octobre en présence de Delle Bernardine Arnaud
Femelle dud Gastellier soussigné avec nous curé

En marge
Quelques jours après l’inhumation
Cy l’on a sut qu’il
s’appelait
Gabriel
Savinian natif de
Molesme en Auvergne
Diocèse de Clermont
Et qu’il était agé de
Vingt deux ans 
Ce jourd’huy seizieme de decembre averti par Jean Gaillard
Huissier de ce baillage qu’il y avoit le corps d’un pauvre
Rémouleur qui s’éstoit trouvé hier sur les dix heures
Du matin noyé dans la rivière de Cleri où
Il etoit tombé avec sa meule à remoudre moule de
Cuivre a former cuillères de la bouche la planchee ayant
Cassé sous luy et que dans les formalités de
Justice où l’on avoit trouvé un chapelet sur cette
Marque de Chretien nous l’avons inhumé en présence
Et assisté de Mr Boussain gueule pretre vicaire en cette
Paroisse , de Jean Baulier et de Georges Saucier soussigné avec nous
 
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