CHAPITRE I


l était une fois... Malheureusement ce n'est pas un "conte de fées". C'est la triste histoire d'une pauvre famille comme il y en eut beaucoup d'autres au siècle dernier. Je ne savais pas, le jour où je me suis lancée dans la généalogie de la famille de mon mari, les péripéties qu'elle me réservait.

On descend, dit-on, d'un roi ou d'un pendu. Si j'ai découvert quelques quartiers de noblesse dans cette famille, j'ai aussi eu l'agréable, oui, agréable surprise d'y trouver des bagnards. C'est tout à fait par hasard qu'une transcription de décès venant de Guyane, plus précisément de Saint Laurent du Maroni, m'a été adressée par la mairie de Druyes les Belles Fontaines.

Il m'aura fallu plus de cinq années pour parvenir à regrouper les renseignements, puis classer les documents; certains me manquent mais, perdus ou détruits, je ne les aurai jamais. Je n'ai aucune prétention quant à cet ouvrage. J'espère seulement qu'il sera utile à quelques généalogistes, quelques lecteurs, qui, comme moi, se trouveront face à cette situation.

Pourquoi me suis-je lancée dans cette aventure ? Pourquoi ai-je un jour questionné mon beau-père afin de savoir d'où il venait ? Ses parents avaient habité Taingy, (Yonne), commune où il était d'ailleurs né; mais il rendait souvent visite à des membres de sa famille vivant à Druyes-les-Belles Fontaines et il semble que de la famille ait aussi résidé à Etais la Sauvin (Yonne).
C'est ainsi que, de décennies en décennies, au fil des actes, je découvris, comme me l'avait prédit un camarade généalogiste sachant que j'avais affaire à une famille de maçons, que les ancêtres de mon beau-père étaient natifs de Saint Domet dans la Creuse maçonnière. Tels ces derniers, ainsi que le dit la chanson: Ils sont partis au printemps se louer dans les villes pour y ériger les monuments dont la France, aujourd'hui s'enorgueillit.

Arrivé le printemps
Ils quittent leur chaumière
Laissant leurs grands parents
Leurs enfants et leur mère.
Cachant leur désespoir,
Les filles amoureuses,
S’en vont dire au revoir
Aux maçons de la Creuse

Voyez le Panthéon
Voyez les Tuilleries;
Le Louvre, l’Odéon,
Notre Dame jolie.
De tous les monuments,
La France est orgueilleuse,
Elle en doit l’agrément 
Aux maçons de la Creuse

Les voilà partis
Pour faire leur campagne
On les voit à Paris
En Bourgogne, en Champagne.
Ils vont porter ailleurs
Leur vie aventureuse.
Ce sont des travailleurs
Les maçons de la Creuse

Au retour de l’hiver
Ils sont près de leur belle.
Les souffrances d’hier
S’oublient vite près d’elles
Et toute une saison,
Les filles sont joyeuses,
D’avoir à la maison ,
Les maçons de la Creuse.

L’auteur de la Chanson
N’est pas un grand poète,
C’est un garçon maçon,
Buvant sa chopinette.
Sans envier autrui,
Sa vie s’écoule heureuse.
Ils sont tous comme lui,
Les maçons de la Creuse.

 

La chanson des maçons de la Creuse

 

 

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